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 [BG Kayn & Ifreann] Origines - La prophétie de Talhian

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Ifreann
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MessageSujet: [BG Kayn & Ifreann] Origines - La prophétie de Talhian   Lun 21 Fév - 15:23

• ORIGINES :: La Prophétie de Talhian •


» L'histoire de Kayn, ce qu'elle a vécu, a beaucoup changé, évolué au fil du temps. C'est pour cela que je commence ce post avec plusieurs repères, post que je pourrais éditer au fur et à mesure, pour que ce soit plus clair pour ceux qui auront le courage de lire ce qui suivra. De plus, certains événements, certaines parties de l'histoire de Kayna sont communes à celles d'autres personnages, car il s'agit bien souvent d'un Rp IG constituant une histoire. Il faut donc être un minimum renseigné sur les personnages pour comprendre.

» Fiche d'Ifreann et Chronologie de Kayn/Ifreann


» Personnages :

    Kayn, de son nom complet Kayna Ifreann KERONZEE IVHNING : il s'agit d'une ancienne Disciple de Féca, désormais tournée vers Sram, de dix-huit printemps, une ancienne Nephthys, normalement habitée par deux âmes, celle de Kayna, la sienne donc, la jeune femme amicale, sensible et affectueuse, et celle d'Ifreann, une partie de l'âme de Talhian, un "Mutsou" démoniaque qui constitue le côté ténébreux, sauvage et agressif de Kayn. Cependant, Ifreann, grâce à l'énergie de l'Elite, est parvenue à se matérialiser dans son propre corps.

    Ifreann, de son vrai nom Tori'Wyr Tana Ioris : Comme il est dit plus haut, c'est une part de l'âme de Talhian, qui était capable d'habiter un corps pour s'incarner. D'origine sauvage, entêtée, perverse et fourbe, elle est plutôt imprévisible, mais plus encore depuis qu'elle a voyagé dans l'Entre-Deux-Mondes. Enfin devenue une personne à part entière, Ifreann s'est relativement calmée... Pour preuve, elle a même réussi à charmer l'Ombre Mortelle, plus connue sous le nom de Sramette, l'ancienne Nephthys, avec qui elle vit désormais des hauts et des bas.

    ∙ Nemathi & Shintobo ["ASPIRES" par Ifreann] : Ce sont les deux autres parties de Talhian, la soeur et le frère d'Ifreann, en quelque sorte. Nemathi, passionnée de Boufbowl, n'apparaîssait que de temps en temps, mais conservait un bon contact avec Ifreann avant d'être capturée par son frère. Shintobo, quant à lui, ayant rejoint l'Elite, ne passait que très peu souvent voir ses soeurs ; une tension grandissait entre lui et If'... Il lui a mis des bâtons dans les roues et a mené sa lutte aux côtés de Talhian et Solryss, mais il n'en sortira pas indemne.

    ∙ Icening : Jeune femme entêtée et téméraire prêtant allégeance à Sram, ancienne Hakzaw, elle poursuivait sans arrêt Sramette et adorait la pousser à bout. Fourbe, manipulatrice, intelligente quoi qu'agissant parfois sans voir les limites, elle était prête à tout pour atteindre son but : séparer Ifreann de Sramette... On apprend un peu plus tard qu'il s'agit en fait d'une cousine éloignée de cette dernière et qu'elle a veillé sur Atlancia, la fille d'Ifreann.

    ∙ Atlancia : Bâtarde, née d'un père Eliatrope et d'Ifreann, elle a traversé les dimensions pour retrouver sa mère, dont elle a été séparée lors de la dernière attaque d'Orgonax. Elle vit aujourd'hui sous la garde d'Ifreann et de Sramette.

    Kihn, de son vrai nom Sacha KERONZEE [MORTE]: Soeur jumelle de Kayn, Kihn vénérait aussi Feca et était sous les ordres de Solryss avant qu'il ne soit envoyé en prison. Elle avait repris la tête de l'Elite et a mené jusqu'au bout sa lutte contre Solryss, qui parviendra à la tuer avant de lui-même mourir.

    Kayneizera IVHNING [MORTE] : Il s'agit de la mère de Kayn et de Kihn, elle-aussi une Disciple de Feca. Elle a déserté le monde des Douze après l'enlèvement de sa fille, est apparemment revenue prendre des nouvelles, mais elle n'a plus montré de signe de vie par la suite. On apprend par Solryss qu'elle s'est sacrifiée pour conserver l'épée des âmes.

    Solryss KERONZEE [MORT]: Vérité longtemps conservée par des documents à Brâkmar, Solryss, ex-déserteur de Brâkmar, commandant des Espions d'Elite, voué à Pandawa, serait le père biologique de Kayna et Sacha. Il a établi ses plans selon ceux de Talhian, qui est devenu son maître. Il essaie de réunir sa famille afin d'accomplir l'Appel. Il a à son service des Espions et une équipe spéciale, dont Kihn... Il est réapparu dernièrement pour tendre un piège qui a marché à merveille au début, mais qui finalement lui a coûté l'échec de la mission sur laquelle il travaillait depuis des années. Fou de rage, il a fini en prison, avant d'être sauvé par une organisation secrète. Le second échec sera le décisif : Solryss décide de se donner la mort, mais emporte avec lui Sacha.

    ∙ Ilinaa [Joueuse/DISPARUE] : Ancienne apprentie de Kayna, elle garde un profond respect et une grande affection pour cette dernière. Rentrée dans son histoire, elle a été la cible de certains tueurs engagés par Solryss et a lutté aux côtés de Kayn - contre la volonté de cette dernière - mais il s'agit d'une Iopette têtue, qui se rie du danger... Elle n'a pas donné signe de vie depuis plus d'une année.

    Fuay et Cynn DRAD [Joueur/DISPARUS] : Ils ont bien des fois porté secours à Kayn, grâce à la magie des Drads, mais souvent aussi, pour rendre service à la muse de Fuay. Aux yeux de Kayna, ils restent des grands amis et des personnes spéciales...

    Sramette [Joueuse] : Sramette a un lien avec Solryss et l'histoire de Kayn, mais elle a toujours fait en sorte à ce que cette dernière ne sache rien des plans que concocte le commandant des Espions d'Elite et de la raison pour laquelle elle défend Kayna... Cependant, Sramette montre une certaine faiblesse depuis l'arrivée d'Ifreann dans son corps, qu'elle essaie à tout prix de maîtriser, mais se fait encore plus vulnérable depuis qu'Ifreann en grandeur nature s'est rapprochée d'elle... En fait, l'assassin d'autrefois est devenue une autre personne, plus sensible, moins froide... Plus vulnérable.


» Définitions :

    ∙ L'épée des âmes : Il s'agit de l'arme avec laquelle on peut définitivement tuer Talhian. Elle renferme l'énergie et le pouvoir restants du Dieu damné. Lors de l'accomplissement de l'Appel, cette arme est nécessaire à la réapparition du Loup à trois queues. Lexistpu.

    ∙ L'Appel : C'est l'événement où les trois membres de la famille qui ont récupéré une partie de l'âme de Talhian sont rassemblés pour faire réapparaître le Dieu déchu. L'épée des âmes sert de lien magique entre ces trois personnes et le monde dans lequel se trouve le Loup à trois queues, c'est pour cela qu'elle doit être entre les mains de l'un des élus lors de l'Appel.

    ∙ Mutsou : Trait physique, permettant de décrire Ifreann sous sa forme originelle : une sorte de croisement entre le Mulou et le Kitsou.

    ∙ Le bracelet divin : En possession de l'épée, Solryss se rend compte qu'il y manque quelque chose : en menant ses recherches, il se trouve qu'il a besoin d'un bracelet unique et très bien protégé, localisé à Bonta, pour activer l'épée. L'une des perles qui se trouve sur ce bijou contient une énergie folle. Lépula.



Certains liens vers d'autres Post ou l'histoire de personnages qui ne m'appartiennent pas sont disponibles (les noms mis en italique cachent un lien =P).


Dernière édition par Ifreann le Jeu 8 Mar - 12:52, édité 13 fois
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Ifreann
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MessageSujet: Prologue   Lun 21 Fév - 15:35

    « Toutes les Histoires ont un début ; la mienne en a aussi un… Mais elle a débuté il y a peu de temps. Oui, elle a commencé lorsque j’ai ouvert les yeux… Car celle que j’ai vécue avant ne m’appartenait pas. »


PROLOGUE :: « Les Souffrances de la Nuit »


Sonna Minuit.
Brâkmar, la cité des Démons, est endormie.
Quelques DragoDindes, dans des Enclos, étaient encore éveillées, et regardaient, par-dessus leurs barrières, les grandes Maisons qui les entouraient. Mais bientôt, l’une des Monture se recula vivement, la tête haute et l’air terrorisé, tremblante.
Furtivement, passant derrière les Maisons, une Ombre se faufilait. L’obscurité ne permettait pas de voir son visage, ni de voir à quelle Divinité elle appartenait, mais on savait juste qu’elle tenait dans la main un parchemin enroulé.
La mystérieuse personne semblait se diriger vers la Milice. Deux personnes, en uniforme Brâkmarien, gardaient l’entrée. L’ombre vint se poster devant les Miliciens qui, de suite, croisèrent leurs armes afin de barrer le passage.

« Halte là ! Que viens-tu faire ici ?
- Je dois parler au commandant des armées Brâkmariennes. »


Les deux gardes ne cherchèrent pas à en savoir plus, et sur ces mots, ils cédèrent le chemin à la personne au visage caché. Entrée dans la Milice, L’ombre monta à l’étage, passant devant les Prisons où quelques Bontariens criaient famine et demandaient à sortir. Bientôt, elle eut atteint une porte de bois. L’homme prit une grande bouffée d’air et toqua.

« Entrez. »

Tournant la poignée et poussant ensuite la porte qui se mit à grincer, le Mystérieux invité rentra, la tête basse, puis referma derrière lui cette même porte. Assis dans un siège, au fond de la pièce, les jambes croisées, un homme, qui s’avérait être le Chef des Armées Brâkmariennes, sourit. Même si la personne en face de lui avait le visage caché, il savait de qui il s’agissait.

« Je n’attendais pas à vous revoir ici… Commandant Keronzee. Quel bon vent vous emmène ? »

Le Visiteur inattendu ôta la capuche qu’il avait sur la tête et fixa de son unique œil son interlocuteur. Il s’agissait d’un Promis à Pandawa, portant un bandeau sur son œil gauche, crevé ; une cicatrice dépassait, et était donc visible. S’approchant, il balança sur le bureau le parchemin qu’il avait légèrement froissé en serrant les poings. Jetant d’abord un regard au Pandawa, le Chef, un Disciple de Feca, prit lentement la lettre, et la déroula. Un sourire narquois s’afficha sur le visage sombre de l’homme assis.

« Alors comme ça, vous aimeriez rejoindre à nouveau nos Rangs ?... »

Le Pandawa au pelage noir ne dit rien, il se contenta juste de plonger ses yeux verts dans ceux de son interlocuteur qui le dévisagea.

« Pas bavard, à ce que je vois… Allez, dites-moi ce qui vous pousse vraiment à faire cela. Un déserteur ne reviendrait pas sans raison, n’est-ce pas ? Asseyez-vous, je vous prie. »

L’intéressé, sans dire un mot, vint lourdement s’asseoir sur une chaise poussiéreuse qui trainait non-loin, continuant à fixer le Feca assis derrière le bureau. Voyant que le Pandawa n’allait pas se décider à parler de sitôt, il continua la lecture du parchemin… A nouveau, un sourire apparut sur ses lèvres, puis il se mit à rire.

« Un Assassinat… C’est ça qui vous pousse à nous rejoindre ?
- Connaissez-vous cette personne ?
- Oh, si je la connais… »


***

    # Maison des Nephthys, vers une heure du matin.

Le silence règnait en maître dans la Maison des Nephthys. Seule l’horloge, à l’étage, émettait son petit tic-tac habituel… Pourtant, une jeune femme, allongée sur un tapis, dans cette même pièce, entendait des cris résonner sans cesse dans sa tête. Tremblante, crispée, et roulée en boule, elle priait pour que cela s’arrête. Elle murmurait, pour elle-même :

« Je ne sais pas !... Pourquoi ?... Que s’est-t-il passé ?... Arrrhg ! »

Les dents serrées, les yeux fortement fermés, elle finit par se mettre à pleurer, et elle répéta la même phrase, tout en rajoutant des mots :

« Je ne sais pas pourquoi j’ai fuit !... Pourquoi maintenant ?... Que s’est-t-il passé, à Pandala ?… »

Elle finit par rouvrir les yeux, afin de se mettre sur les genoux. Regardant le plafond, elle espérait que cela allait bientôt s’arrêter… En fin de compte, elle n’était pas prête à se mesurer à son passé… Et à son avenir. Secouant légèrement la tête, baissant les yeux au sol, effondrée, elle mit sa tête sur ses genoux repliés contre sa poitrine.

« Sramette, Fuay… Excusez-moi !... Snnf… Excusez-moi pour tout… Snnf… »
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MessageSujet: Chapitre 1   Lun 21 Fév - 15:40

CHAPITRE 1 :: « Ma Cité d’Enfance »



« Maman ! Dessine-moi un Bouftou ! Alleeeeeeez !... »
Le sourire d’une mère heureuse.
La beauté d’une jolie petite fille rieuse…

« La… Vérité ?... »
Le besoin d’une présence perdue.
L’impression d’être pour elle-même une inconnue.

Des rires, des pleurs, des cris de joie et de souffrance, tant de ces choses qui avaient guidé sa vie mais qui pour elle, désormais, n’avait plus de sens. Elle ne ressentait plus de bonheur, plus de malheur… Plus de sentiment spécial. Après tout ceci, elle avait perdu… Sa raison de vivre.
Tous étaient partis un à un, la laissant aller à son avenir qui lui réservait bien trop de choses. Son mari… Tué. Son apprentie… Ne même pas en parler. Sa famille, perdue… Et cette disciple de l’Ombre… Ses pensées s’estompèrent soudainement après s’être rappelé le nom de la Promise à Sram qui avait été pour elle, un jour, une amie. Un nom qu’elle avait connu et prononcé bien des fois… Mais un nom qu’elle voulait oublier, et qui lui était désormais presque inconnu. Mais…

Kayn traversait les Landes de Sidimote, recouverte d’une longue cape usée et d’une Dragocoiffe dorée. Ses yeux étaient rivés sur le sol. Elle était absente… Cette soi-disante Cérémonie d’accueil, ce soir où, normalement, elle aurait dû être intégrée chez les Jadiens, l’avait assez marqué… Et tard dans la nuit, elle était sortie de la Demeure du Royaume de Jade afin de rejoindre une Terre qui lui rappelait des souvenirs et qui allait peut-être lui révéler quelques secrets… Elle espérait.

Elle atteignit très bientôt le pont qui menait à Brâkmar la sombre. Cet endroit était bien loin d’être accueillant, mais la jeune Fecatte s’y sentait comme chez elle… Elle y avait vécu, après tout. Brâkmar était étrangement bien vide, cette nuit-là ; tant mieux, elle n’eut pas à affronter de gardes. Tout en traversant la cité rouge – oui, les tâches de sang symbolisait bien cette ville -, Kayna se souvenait de certains passages de sa vie… Peut-être cela allait-elle l’aider. Seuls certains courts moments l’avaient marqué… Et elle se les rappelait…

« Un jour, je serais comme papa !... »

Elle se souvenait avoir prononcé cela un jour, devant sa mère qui avait ri mais qui s’était vite arrêtée pour grimacer… En parlant du Disciple de Feca qui n’était, en réalité, pas son père biologique. Qu’était-il devenu ? Etait-il vraiment mort ?... Tant de questions sans réponses… Kayn ne pu s’empêcher de voir subitement l’image de quelqu’un qui avait été, auparavant, une personne importante pour elle.

« Sramette… » Murmura-t-elle, s’arrêtant devant une grande Demeure bien sinistre. Cette maison, elle y avait vécu… Il s’agissait de la Maison de son père. S’approchant de la porte, la Fecatte tourna la poignée… Par chance, c’était ouvert. A l’abandon, sûrement. Ou un oubli… Alors comme ça, depuis des années, tout était resté tel qu’avant… Parfait, elle allait peut-être faire des découvertes.

Des documents, des tableaux et d’autres objets plus ou moins de valeur étaient posés un peu partout, sur les meubles en bois poussiéreux. Certains parchemins étaient déchirés, et d’autres tellement vieux qu’ils étaient illisibles ou recouverts de poussière. Peu importe, Kayn pénétra bientôt dans une petite pièce bazardeuse où se trouvait un bureau. Des tas de parchemins étaient posés dessus, et peut-être que certains allaient l’intéresser… Mais chose qui troubla la jeune femme, quelques documents semblaient… Nouveaux.

Lorsqu’elle eut atteint le bureau, elle porta délicatement sa main tremblante aux parchemins. L’un semblait décrire une mission… Déroulant un peu plus le document sur lequel elle était tombée, elle écarquilla les yeux à la lecture de ce papier fraîchement écrit…


Lâchant subitement le parchemin, captant un bruit venant de l’entrée, Kayn se précipita sous le bureau, rattrapant au passage le document qu’elle jugea important d’emporter avec elle. Quelqu’un approchait… Une silhouette fine, grande… Elle vint se poster au seuil de la porte : elle sentait une présence de trop. Retenant son souffle, la jeune Fecatte se fit la plus discrète possible. Au bout de quelques secondes, l’ombre haussa des épaules pour faire demi-tour et pour apparemment monter l’escalier qui se mit à craquer. C’était l’occasion de partir… Se relevant avec souplesse et sans faire de bruit, Kayn traversa à pas de loup la pièce, puis le couloir qui menait à l’entrée. Elle se mit à serrer les dents.

Trop craintive, trop stressée, elle ne fit pas attention au cadre qu’elle renversa d’un coup de bras. A l’étage, des pas rapides se firent entendre… Puis une voix, froide mais d’un teint aigu, qui semblait appartenir à une femme :

« Vous ?! Attendez !! »

On entendait la mystérieuse personne gravir les marches de l’escalier… Mais lorsqu’elle fut arrivée au rez-de-chaussée, elle constata que l’intrus s’était enfui. Instinctivement, elle se précipita vers son bureau… Et constata d’un parchemin de mission lui avait été dérobé. Etrangement, c’est un sourire diabolique qui s’afficha sur son visage. Murmurant pour elle-même, elle leva la tête puis regarda vers la porte qui menait au couloir.

« Je ne sais pas encore précisément qui tu es… Mais je ne tarderais pas à le savoir… Membre de la famille Ivhning. »
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MessageSujet: Chapitre 2   Mer 23 Fév - 10:16

CHAPITRE 2 :: « Faces Cachées »

C’était une nuit glaciale, dans le village dévasté de Gisgoul. Les bêtes errantes fouillaient partout, dans les décombres des maisons détruites, dans l’espoir de trouver un peu de nourriture… Et parfois, la faim était tellement grande qu’elles se mangeaient entre elles… Sinistre et calme nuit de Septange… Pourtant, en regardant comme cela, personne n’aurait remarqué qu’en réalité, cet endroit était… Habité.

Seule la tour de Gisgoul, imposant bâtiment protégé par le Dieu Sram, avait survécu à la bataille qui avait détruit le petit village autrefois accueillant. C’est ici que l’ancienne Elite d’Espionnage Brâkmarienne, dirigée par Solryss, s’était installée. Ils étaient tous perçus comme des Déserteurs… Pourtant, le Pandawa à la tête de cette équipe n’allait pas tarder à reprendre sa fonction de Commandant, après une discussion avec le Chef des Armées Brâkmariennes. Et il comptait, dans ses plans, refonder Gisgoul pour y faire installer sa petite Equipe…

Un sourire au coin des lèvres à cette pensée si heureuse pour lui, le Disciple de Pandawa était installé en haut de la tour, sur l’une des Statues de Sram ; mais bientôt il vit approcher une ombre près de sa tour. D’ici, elle semblait toute petite mais il voyait tous les faits et gestes de la personne qui arrivait. La silhouette se stoppa devant le haut bâtiment pour lever la tête et regarder la personne en haut. Elle l’avait déjà senti et puis, elle le connaissait très bien, Solryss… Un sourire niais s’afficha sur le visage de ce dernier.

« Un problème, Kihn ? Lança Solryss d’une voix assurée.
- On m’a volé un document,
répondit simplement la concernée d’une voix glaciale mais neutre.
- … »


Avec souplesse, le Pandawa se hissa contre le mur, descendit rapidement pour atterrir sur ses jambes sans aucun mal et avec délicatesse. Un Espion, quoi ! Il arriva bientôt à la hauteur de la jeune femme qui s’avérait, à première vue, être une Disciple de Feca. Elle portait un Bouclier qui avait apparemment déjà bien été utilisé et plusieurs lanières sur elles qui accrochaient des épées et des dagues. Ses cheveux courts en bataille brun clair luisaient légèrement à la faible lumière de la Lune, ses yeux bleus fixaient attentivement son interlocuteur.

« Tu sais qui c’est ? Murmura le Pandawa en fixant dans les yeux l’adolescente qui soutenait son regard pénétrant.
- Non, mais je ne pense pas qu’à part nous, il y ait beaucoup de Monde qui soit au courant de nos plans et de nos lieux de travail…
- Sramette. »


Kihn grimaça à l’entente de ce nom ; elle avait connu Sramette, un peu comme ça, lorsqu’elle était jeune et l’avait toujours admiré. Un jour elle s’était promise de devenir comme elle… Elle avait toujours observé sa manière de se battre, d’espionner, de se défendre… Peu importe, car son avis changea au fil du temps, et elle s’était beaucoup améliorée, et d’ailleurs, on la considérait pour une personne assez folle et dangereuse, de ce fait redoutée, respectée, une personne qui prit une grande importance dans les rangs Brâkmariens. Bientôt, Solryss la retira de ses pensées en passant son bras derrière son cou.

« Bah ! T’en fais pas pour ça… Tu sais bien ce que tu as à faire, pas besoin de ce maudit document.
- Oui.
- … Tu n’aurais pas des choses à me dire, par hasard ?... »


La jeune femme s’avança délicatement pour faire comprendre à son interlocuteur qu’elle aimerait qu’il la lâche et finit par se stopper là, lui tournant le dos pour regarder l’imposante tour qui se dressait devant elle.

« Une personne est en possession de l’épée des âmes.
- Kayneizera ?...
- Non…
Coupa-t-elle en fronçant légèrement des sourcils à l’entente de ce nom. Elle l’a donné à une Promise à Crâ… Si j’ai bonne mémoire elle fait aussi partie du Royaume de Jade.
- Les Jadiens…
Chuchota Solryss pour lui-même en fermant les yeux, exaspéré. Trop de personnes de ce Royaume savent en partie ce que nous avons à faire et pourquoi…
- Kayna est trop protégée. Et cela sera encore plus dur de l’arracher à ses protecteurs lorsqu’elle fera partie du Royaume elle-aussi. »


Ce que disait la jeune Kihn s’avérait malheureusement vrai pour eux. Ilinaa, Fuay… Tous étaient spéciaux, et parfois trop dangereux.

« Restons le plus discret possible pour l’instant.
- … Cela risque d’être dur. Et puis cela ne sert plus à rien.
- Comment ?!... »


Surpris par la réponse de la jeune adolescente, Solryss se mit légèrement à rire, signe qu’il se sentait soudain mal à l’aise. Kihn s’efforça de lui adresser un petit sourire convainquant mais il finit par s’effacer au bout de quelques secondes. Elle ne voulait pas lui montrer ses faiblesses face à toutes ces personnes…

« Nous avons été découverts. Se cacher ne servira vraiment plus à rien. »

Le Pandawa grimaça, mais il était vrai que leur plan était désormais en danger, ou en tout cas, plus qu’avant. Ils devaient maintenant passer en mode attaque… Et sans pitié. Il fit un signe de tête, l’approuvant.

« On ne doit plus traîner… Il ne faut plus faire attention aux autres… Ramène-moi Kayn et l’épée au plus vite. »

Kihn acquiesça, et replaçant ses lanières dans son dos, elle commença à marcher en direction de Brâkmar, lorsque soudain Solryss la rappela, d’une voix un peu plus douce :

« Ne lui dis rien à ton sujet surtout… Pas pour l’instant… Sacha. »
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MessageSujet: Chapitre 3   Mer 23 Fév - 10:18

CHAPITRE 3 :: « Reprise des Missions »

« Oh pitié pour mes pauvres oreilles, fermez-la, vous tous, et écoutez-moi ! »

Un petit groupe se bousculait, rejoignant avec précipitation le centre de la salle de torture, où était installée une grande table de marbre couverte de sang. Autour, ou même dessus, il y restait des os, et parfois même un peu de chair. L’air n’était pas très bon à respirer, mais, pour ces personnes, qui avaient l’habitude de vivre dans l’odeur de la mort depuis leur plus tendre enfance, l’atmosphère qui régnait n’avait pas l’air de les déranger plus que ça. Les bruits se dissipèrent peu à peu, encore quelques chuchotements persistaient par-ci, par-là, mais bientôt, le silence qui s’installa dans la salle put presque nous faire regretter le brouhaha qu’il y avait quelques minutes auparavant. Le petit groupe se regroupa lentement et sans trop de bruit autour d’une jeune femme adossée à la table de torture.
Kihn…
Elle semblait, à première vue furieuse, en colère après ces idiots qui formaient son équipe, et pire encore, ces idiots qui étaient des soi-disant « Espions d’Elite »… La Promise à Feca assena un coup de coude violent sur la tête de l’un de ses acolytes, un Disciple de Iop, afin qu’il se calme – celui-ci étant en train de rire bêtement après avoir marché sur un os qui avait craqué sous ses pieds. Désespérée, Kihn posa sa main sur son front et rabaissa sa main sur ses yeux, tirant vers le bas ses paupières avec ses doigts. Personne ne l’avait jamais vu aussi épuisée, aussi exaspérée que ça, et même le Promis à Iop sembla s’inquiéter à la vue de cette jeune femme immobile, qui tentait de retrouver son calme. Ils restèrent tous un moment plongés dans leur réflexion, avant que les jolis yeux bleus de Kihn ne se relèvent pour regarder le groupe, en face d’elle.

« Bien… Ce n’est plus le moment de prendre notre mission principale à la légère, finit-elle par déclarer en se redressant, dans un soupir, nous avons pris beaucoup de retard, le temps passe et nous n’avons pas encore su réaliser ce pourquoi nous sommes réunis depuis bien plus d’une année. De plus, (Kihn leva les yeux au plafond, sembla un instant attristée, mais reprit son sang-froid en rabaissant vivement la tête pour regarder ses frères d’arme)… Nous ne savons où est passé Solryss, et certains de nos compagnons. C’est pourquoi nous allons devoir former des groupes, être encore un peu plus vigilants, mais surtout, beaucoup plus rapides et efficaces. Une partie d’entre nous devra partir à la recherche de notre commandant et de nos camarades, et une autre devra continuer la mission qui nous a été confiée depuis un bon moment. Je vous laisse vous concerter pour faire le choix des équipes… Venez me revoir dès que c’est fait… »

Sur ces mots, les personnes présentes levèrent leurs armes vers le plafond pour approuver les paroles de la jeune femme, et firent demi-tour pour aller discuter dehors, aux alentours de la tour dans laquelle ils étaient actuellement. Kihn, quant à elle, resta adossée à cette table sale, tâchée de sang et couverte de poussière ; elle n’avait pas servi depuis bon nombre de jours… Elle balança sa tête en arrière, tout en fermant les yeux, ses mèches et ses cheveux bruns retombant sur ses épaules et son front, et laissa échapper un long soupir.

~~

    # Lande de Sidimote, une soirée.


Cela faisait quelques heures que la jeune Kayn cherchait désespérément des traces de sa famille ou de ceux qui connaissaient les plans de Solryss. Mais où chercher ? Elle ne savait même pas qui elle devait localiser… Ou du moins, connaissait très mal la seule personne qu’elle avait définie comme sa cible, Kihn. Qui était-elle en réalité ? Pourquoi avait-elle l’air si proche de son père ? Elle devait être fixée, et vite. Cette histoire avait trop traîné. Et puis, elle n’était pas seule, même si la plupart des gens qui l’avait beaucoup aidé dans ses recherches avaient disparues… Comme… Sramette.
Kayn s’arrêta un moment, s’assit sur l’herbe sèche et noirâtre de l’endroit qu’elle parcourait depuis un moment. Elle n’avait que peu de réponses à ses questions, et pourtant, la disciple de l’Ombre aurait pu beaucoup l’éclairer… Si elle n’avait pas décidé de garder le silence à ce propos, et si elle n’avait pas disparu subitement depuis de longs mois. Et qui était réellement Ifreann, l’âme qui l’habitait, l’âme qu’elle essayait sans cesse de détruire, et qui prenait contrôle d’elle lorsqu’elle s’y attendait le moins ? La jeune Fecatte chercha dans ses souvenirs, les derniers endroits visités, les pistes qu’on lui avait donné, ou qu’elle avait découvert seule, et un endroit finit par lui revenir en tête : La Tour de Gisgoul…


Dernière édition par Ifreann le Ven 25 Fév - 13:18, édité 3 fois
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MessageSujet: Chapitre 4   Mer 23 Fév - 10:21

CHAPITRE 4 :: « La filles aux deux Ames »

    # Gisgoul.


La brume rendait le lieu encore moins visible qu’à l’ordinaire ; à chaque pas, on pouvait trébucher sur des planches de bois à demi carbonisées, mettre le pied dans une crevasse ou pire encore, tomber sur l’une de ces nombreuses créatures qui avaient élu domicile dans ce village dévasté. Le silence être maître des lieux.
Kayn se trouvait face à la gigantesque tour, seule bâtisse qui avait résisté aux combats qui avaient eu lieu il y des années auparavant ici. Des statues du Dieu Sram la surplombaient, sculptées dans de grosses roches. Le temps avait beau les avoir usées, elles semblaient toujours aussi solides. La jeune femme redressa la tête pour observer le haut de la tour : qui sait, des gardiens s’y cachaient peut-être, mais apparemment, personne. Kayna Ifreann haussa les épaules et osa s’approcher du bâtiment. Elle était à découvert, et risquait vraiment gros si, par hasard, quelqu’un la rencontrait. Mais à sa grande surprise, aucune ombre ne l’attaqua lâchement, aucune personne ne vint la défier. Le lieu était bel et bien désert, ce qui, à côté de sa peur, déçut grandement la jeune disciple de Feca qui pensait enfin pouvoir avoir l’occasion d’avoir les réponses à ses nombreuses questions.
Elle poussa les lourdes portes de la tour et pénétra dedans. Elle ne put s’empêcher d’écarquiller les yeux à la vue de cet endroit, à la fois sinistre et époustouflant, mais qu’elle avait l’impression d’avoir déjà vu. Sa grandeur, la façon dont était faite cette première salle – qui s’avérait être l’entrée – était surprenante, bien que les crânes qui y trainaient, le sang qui tâchait murs et sols rendaient le lieu macabre. Kayn continua sa visite, même si elle sentait une crainte, une angoisse monter en elle, non pas à cause du sang, mais à l’idée de tomber sur un fou furieux qui la tuerait sans aucune pitié. Elle frissonna à cette pensée.
La deuxième pièce était une espèce de couloir, éclairé par quelques torches, mais tout de même sombre. Et pour cause, les murs et le sol étaient noircis. Face à elle, une petite porte en bois, qui devait surement mener à une autre salle.
Lorsque Kayna entrouvrit cette porte, elle ne put dissiper un « waaaah » d’admiration : cette salle devait être la plus grande de toutes. Le plafond était très haut, le bout de la pièce très loin (où se dressait d’ailleurs une énorme statue Sram). Au centre, une table en pierre, qui ressemblaient à celles que l’on utilisait pour les sacrifices, ou pire, pour torturer. Kayn s’en approcha, et laissa sa main l’effleurer, d’abord avec la paume, puis avec les doigts. Elle leva lentement la tête, prenant une grande respiration, et ferma les yeux… Mais lorsqu’elle les rouvrit, ses iris étaient devenus rouges. Kayn avait laissé place à Ifreann, son démon intérieur. En fait, cette dernière se trouvait dans son élément. Elle porta à son nez la main avec laquelle elle avait touché la table, maintenant tâchée de sang, et renifla :

« Hum… Récent… Du bon sang, bien frais… » murmura Ifreann pour elle-même, tout en semblant perdre les pédales à la vue et à l’odeur de cette substance rouge liquide. Tentée, elle lécha d’ailleurs le bout de ses doigts un à un (chose que Kayn n’aurait vraiment pas pu faire), quand la voix intérieure de la jeune femme aux yeux verts résonna :

« If’, épargne-moi tes cochonneries et donne-moi un coup d’main pour une fois, s’il te plaît.
- Pourquoi faire ?
répondit l’intéressée à voix haute.
- Pour te rendre utile.
- Je n’ai pas à recevoir d’ordres d’une gamine comme toi.
- Je fais ça aussi pour que tu deviennes… Une personne à part entière !
- Même si tu essayais, tu ne pourrais pas. N’oublies pas que je suis qu’une partie d’âme… Et puis même, je suis très bien dans ton corps, ma chère Kayna. En plus, on dirait pas comme ça, mais une fois nue
(Ifreann laissa ses mains se balader sur tout son corps, suivant sa silhouette)… »

Car oui, en plus d’être sadique, Ifreann était perverse.

« La ferme et bouge-toi !
- A ton service, ma jolie. »
conclut Ifreann avec ironie.

Et elle retourna sur ses pas, sachant ce que comptait faire Kayna.


~~


Kihn s’était retirée un moment à Amakna pour réfléchir à ce qu’elle devait faire maintenant que la plupart des personnes qu’elle recherchait étaient portées disparues : Solryss, son supérieur, Ilinaa, qu’elle ne trouvait plus, Kayneizera… Et les Nephthys n’existant plus, cela ne lui simplifiait pas la tâche, loin de là : elle ne pouvait plus se rendre dans leur ancien QG, où Sramette, les Drads et même Kayn étaient, anciennement, à portée de ses mains.
Cherchant des informations utiles dans la grande bibliothèque d’Amakna, la jeune espionne frappa du poing la table, enragée. Heureusement pour elle, personne n’était présent à cette heure-ci, hormis le bibliothécaire (qui l’avait d’ailleurs légèrement dévisagé, retiré de son livre par le bruit sourd qu’avait produit Kihn).

« Rah, j’pourrais chercher où… A moins de me risquer à… »

Une drôle d’idée traversa l’esprit torturé de questions de Kihn ; bien que dangereuse, une idée plausible. Il était question d’intégrer le Royaume de Jade, auquel appartenaient Fuay, Cynn, Sramette et Kayn. Il fallait seulement qu’elle se trouve une nouvelle personnalité, un nouveau passé, une nouvelle histoire, une tâche aussi difficile… Mais oui ! C’était tout de même une très bonne idée ! La jeune disciple de Feca ne put s’empêcher d’esquisser un large sourire, ravie. Personne ne pourrait la reconnaître si ce n’était à cause des bandes qui maintenaient et plaquaient contre son dos de nombreuses armes. Il lui fallait donc aussi changer physiquement. Ceci n’était pas un problème, elle connaissait peut-être un tailleur capable de faire cela pour elle…


~~

    # Astrub, un peu plus tard…


« Pawdon Sacha ?! »

La surprise du disciple d’Enutrof fut tellement énorme qu’il en laissa tomber son marteau.

« Gauldrot, ne poses pas d’questions s’te plaît. C’est possible, alors ? »

Gauldrot était un vieil Enutrof qui connaissait Kihn depuis qu’elle était toute petite, bien qu’ignorant totalement sa vie, son passé. Elle venait souvent lui rendre visite, et des liens d’amitié s’étaient forgés entre-eux. Le petit homme était né sur l’île des Wabbits, d’où son fort accent, et il était venu s’installer à Astrub pour exercer sa passion et son métier, tailleur. Il savait que Kihn était une jeune femme solitaire, combative et un peu garçon manqué sur les bords (il suffisait de voir son physique), et c’est d’ailleurs pour cela qu’il fut surpris par ce qu’elle lui demandait.

« Donc… Une jupe wouge et un debawdeuw noiw ?
- C’est bien ça.
- Je pense t’avoiw ça wapidement. Wepasse dans, disons… Deux ou twois jouws. »


Kihn le remercia d’un signe de tête et fit demi-tour, lorsque d’autres questions lui traversèrent la tête. Elle s’arrêta à nouveau, et se retourna vers son vieil ami.

« Gauldrot ?
- Oui ?
- Tu pourrais m’avoir des bottes noires, aussi ?
- Pas de pwoblème
, répondit le disciple d’Enutrof avec un sourire, heureux de pouvoir apporter de l’aide à son amie, dévoilant ses quelques dents restantes noires ou en or.
- Et, aussi… Est-ce que tu connais une certaine Kayn ? »

La jeune femme adressa un regard attentif à son interlocuteur, prête à enregistrer toute information qui pouvait lui être utile.

« Tu veux pawlew de cette gamine qui cwoit êtwe deux dans sa tête ? J’en ai vaguement entendu pawlew, il y a déjà longtemps. Pourquoi, tu la connais ?
- Non, non, comme ça… Merci. »



~~

    # Une maison à Amakna, le soir.


« Alors comme ça, elle serait habitée par deux âmes ?... »

Kihn n’était pas mécontente de son passage chez le Père Gauldrot. Même si ce n’était qu’un détail, elle avait appris quelque chose de nouveau sur l’objet de sa mission, bien que plus compliquée qu’il y a encore quelques mois. Un sourire se dessina sur ses lèvres : serait-ce l’une des parties de l’âme de Talhian ? Si oui, cela pouvait grandement l’aider…


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MessageSujet: Chapitre 5   Mer 23 Fév - 11:09

CHAPITRE 5 :: « Miroir »
Rp commun - Au Royaume de Jade

Spoiler:
 

Kayna - contrôlée par Ifreann -, fait la rencontre de Poésie, une fille tout aussi têtue et impolie qu'elle. Perdant toutes deux leur calme, elles finissent par s'affronter et mettre la pagaille dans la Taverne du Royaume. Ayant fait une mauvaise chute, Kayna reste un moment inconsciente, soignée par Nachew... Que se passe-t-il à l'intérieur de sa tête ?... Sous le choc, Ifreann reste inconsciente plus longtemps qu'elle : mais lorsqu'Ifreann n'est pas là, Kayna est complétement perdue...


"If... Ifreann... Réveille-toi..."

- He... Hein ?... Où est-ce que... -

L'interpellée entrouvrit les yeux. Tout autour d'elle était flou, et seule la luminosité qui l'éblouissait l'obligea à les refermer. Cependant, elle avait pu apercevoir une silhouette se découper dans cette lumière blanche et aveuglante. Quelque chose de très doux et de délicat effleura son visage ; jamais elle n'avait ressenti une telle chose, ou du moins, jamais elle n'avait vraiment pris plaisir à le ressentir. Elle ressentait un calme intérieur, et jamais de sa vie d'âme errante elle n'avait pas eu envie d'être diabolique, de se battre ou même d'être simplement froide.
Ifreann se redressa difficilement, s'appuyant sur ses coudes... Et lorsqu'elle ouvrit entièrement ses deux yeux, elle crut que son coeur avait raté un battement : assise sur les genoux, tout près d'elle, Kayna. C'était bien la première fois qu'elle la voyait en face... Bien la première fois qu'elle pouvait la regarder comme une personne à part. Entre autres... C'était la première fois que les deux âmes qui habitaient ce même corps pouvaient enfin se regarder telles qu'elles étaient réellement. Tout d'abord troublée, la jeune envoyée de Talhian admira les yeux verts, si étincelants, de celle qui se trouvait face à elle, puis elle jeta un coup d'oeil à sa chevelure mi-longue et ondulée d'un noir luisant, qui lui retombait sur l'épaule.


- Mais Kayn... Je ne comprends pas... - Bafouilla Ifreann, les yeux écarquillés.
- Regarde-toi, Ifreann. Tu es toi. - Coupa Kayna en désignant d'un coup de menton quelque chose qui se trouvait derrière son interlocutrice.

Comme par magie, un très grand miroir s'était matérialisé dans cet espèce de lieu blanc du plafond au sol, et à nouveau, la bouche de l'envoyée de Talhian forma un "o", déstabilisée. Devant Kayna agenouillée se trouvait cette jeune femme aux yeux rouges, mais qui, pourtant, semblaient refléter beaucoup de confusion ; et la haine qui donnait toute cette valeur à ses yeux avait disparue. Ses cheveux étaient de la même couleur que ceux de Kayn, mais étaient beaucoup plus longs (et pour preuve, ils trainaient sur ce sol inexistant). Elles pouvaient ressembler à des soeurs jumelles, cependant, ces choses les différenciaient et surtout deux détails importants : Ifreann était dotée d'oreilles tombantes et d'une queue de loup noirs, toutes deux terminées par deux longs poils étranges. Ni l'une ni l'autre ne fit attention au petit signe derrière l'oreille gauche d'If : celui de Talhian, qui montrait l'appartenance de la jeune âme à celle de Talhian. Elles s'attardèrent sur les runes bleues les plus voyantes, sous la lèvre inférieure, sur les oreilles et sous les yeux.


- On a subi un choc. - Expliqua Kayna, tout à fait posée (c'était d'ailleurs bien la première fois que les deux adolescentes - même si on ne pouvait pas trop définir l'âge réel d'Ifreann - ne se disputaient pas).
- Mais... C'pas normal... Quand on s'bat, c'est pas... Enfin ça nous est jamais arrivé ça... - Murmura Ifreann à la fois pour elle-même et pour Kayn.
- Cette fille a quelque chose... Je n'sais pas quoi... Mais elle a réussi à nous envoyer... (elle regarda autour d'elle) ... Ici. Et chacune dans le corps qui nous appartient. -
- Mais... -
- On doit y retourner... On doit retourner dans notre vrai monde, Ifreann. On ne sait pas ce qui peut nous arriver... -
- Comment ?... -


Et sur ces mots, Kayn glissa sa main sur celle d'Ifreann et la saisit, puis ferma les yeux... Tout s'éblouit d'un seul coup...

~~

Kayna Ifreann ne retrouva pas totalement ses esprits ; elle sentait juste quelque chose de désagréable au niveau de ses yeux, qui étaient soudainement devenus verts. Etait-ce un rêve ?... Et que leur était-il arrivé ?...


[NACHEW]
Découvrant les pupilles vertes et immobiles de Kayn, Nachew les protégea à tour de rôle de la lumière en les masquant d'une de ses mains.

Elle à l'air sous le choc... Il faut qu'elle recouvre ses esprits.
*sans détourner son attention de Kayn*
Poésie ! Tu ne m'a toujours pas répondu !

Petit à petit, les yeux de la Fecate devraient s'habituer à la clarté et lui rendre une vision plus nette.
La Sacrieuse, dans une douceur infinie, caressait à présent le front de la jeune fille, ôtant ses mèches rebelles de son visage.
Attendant l'explication de la Sramette, elle murmurait tout de même le prénom de la jeune jadienne pour l'inciter à reprendre connaissance...


[POESIE]
Après avoir posé Kayn sur une table, Poésie avait reculée d'un pas et était restée figée. Mince, pourquoi elle ne bougeait plus l'autre ? Elle aurait préférée que la fécate continue à l'attaquer, là au moins elle aurait su quoi faire. Enfin, elle n'avait pourtant pas taper si fort ! Elle pouvait pas être fragile à ce point cette fille ! Bon, elle s'était peut être fait mal en tombant mais c'était pas sa faute... Enfin un peu mais... Et puis en plus Nachew elle lui posait une question et elle ne savait pas trop comment répondre. Fallait il raconté tout ce qui s'était passé ? Elle n'avait pas pour habitude d'expliquer ses combats à voix haute ni de chercher à expliquer quoi que ce soit d'ailleurs. Aussi resta t-elle sans rien dire jusqu'à ce que la sacrieuse la relance.

- Bah j'lu'ai mis un coup d'poing dans l'menton... Mais elle aussi elle m'a tapé... Puis j'ai pas frapper si fort qu'ça d'abord, elle s'est fait mal en tombant ! D'abord faut pas attaquer quand on sait pas tomber sans s'faire mal...

Si ses paroles n'étaient pas franchement repentantes, la culpabilité se voyait sur son visage. Il était bien rare qu'elle baisse la tête ainsi. On peut même dire qu'elle n'avait jamais adopté cette attitude devant un autre que son maître et juste après avoir fait une bêtise. Mais elle n'avait jamais non plus été responsable de l'inconscience d'une fille de son âge. Bon, Elle avait bien tapé sur des anges fut un temps mais déjà, ils ne se gênaient pas pour la blesser gravement, et ils étaient la plus part du temps bien plus âgés et plus fort qu'elle. De plus, elle ne comprenait pas l'état de Kayn après un si court combat. Un coup de malchance sans doute. Jetant un regard en biais à Nachew, elle poursuivit, cherchant plus à remettre sur pied son adversaire qu'à se faire pardonner. Ce que les autres pouvaient penser d'elle, elle s'en était toujours moquée.

- J'peux aller chercher Poème p't'être... Heu, j'sais pas trop où elle est mais... J'crois qu'je sais... Aubaine aussi elle sait un peu soigner mais juste un peu et elle elle est à la maison... Elle a quoi ? C'est quoi un air sous le choc ?

*Repose les yeux sur Kayn.*

- Pourquoi elle a des yeux verts maintenant ?


[NACHEW]
Le coup au menton expliquait donc le filet de sang qui s'échappait de sa bouche, mais pas cette inconscience. Pour avoir aidé la jeune fille à retrouver la maitrise du feu, Nachew la savait combative et résistante !

*soulève avec précaution la tête de Kayn pour regarder dessous*

La boue qui enduisait les deux adolescentes avait finalement du bon. En effet, les cheveux de la Fecate étaient parfaitement séparés en grosse mèche collées par cette substance marron.
Du coup, la Sacrieuse n'eut pas besoin de chercher loin, la blessure étant apparente.

Là, regarde, elle à une plaie derrière le crane, souffla-t-elle d'un ton posé.
Elle n'a pas l'air bien grave, le coup qu'elle a reçu en tombant a du la sonner plus qu'autre chose.
C'est ce que veut dire être sous le choc.
Son corps s'est en quelques sortes paralysé pour lui éviter tous dégâts supplémentaires au cas où sa blessure aurait été grave. C'est un moyen de défense quoi, qui survient souvent lorsque la tête est touchée.


Pour ses yeux...
*marque un temps*
... Hum... Je suppose que le choc l'a plongée dans un état second...
*se dit que Poésie ne va s'en doute pas comprendre*
Enfin que du coup elle doit divaguer, comme quant tu fais un rêve ou un cauchemar et que du coup Kayn à repris le dessus sur l'âme qui cohabite avec elle.
Quand ses yeux son rouges... c'est une certaine Ifreann qui prend possession d'elle. Enfin c'est compliqué et c'est pas le moment d'en discuter !


*prend Kayn dans ses bras*
Pas la peine d'aller chercher qui que ce soit, on va d'abord la réchauffer et nettoyer sa plaie.
Va donc me chercher un linge avec de l'eau tiède !
Je la porte jusqu'à la cheminée.


Sans plus attendre, Nachew transporta Kayn prêt de l'âtre chaleureux.
Des coulées de boue marquaient leur chemin, mais ce n'était rien par rapport aux gouttes de vie qui s'échappait encore du corps de la Fecate.
Poésie avait l'air débrouillarde, pas besoin de perdre du temps à lui expliquer ou se trouvaient ce qu'elle lui avait demandé, elle parviendrait bien à ses fins.
En attendant son retour, la disciple de Sacrieur mis en pratique l'enseignement de sa déesse en effectuant un transfert de vie.
Impressionnante au vu du sang qui jaillissait de ses avant-bras, cette pratique n'en restait pas moins plus utile que dangereuse car même si Nachew perdait pas mal de son liquide vital, ce dernier revigorerait le corps de Kayn.

[...]

Kayna entrouvrit les yeux. Elle est encore sonnée, encore sous le choc de cette bataille dont elle ne se souvenait que le début, mais surtout de cette vision, de ce rêve, ou quelque chose dont elle ne connaissait pas réellement la nature. Elle finit par totalement les ouvrir, laissant découvrir ses yeux verts nullement troublés par une tâche de rouge. Elle était allongée là, sur cette table, calme, et comme vidée, comme autre part... Encore trop faible, elle ne put se redresser, et encore moins parler. Kayna se contenta juste d'accorder un regard farouche à Sramette, à Nachew puis à Poésie...

Il fallait à tout prix ce qu'elle sache qui et d'où venait cette fille. Elle semblait la connaître, elle semblait l'avoir déjà vu, et elle avait l'impression d'avoir déjà dû combattre face à de telles tactiques, à une telle force intérieure, bien qu'enfouie, mais qu'Ifreann avait pu ressentir... D'ailleurs, Ifreann ?...

"Ifreann... Réponds... Ifreann..."

Aucune réponse... Mais qu'est-ce qu'il s'était passé ? Elle devait comprendre... Où était Ifreann ? Pourquoi elles s'étaient vues comme deux personnes entièrement à part ? Et surtout pourquoi elle se sentait gelée comme ça ? Depuis le temps qu'elle rêvait d'être débarrassée d'Ifreann, depuis le temps qu'elle se battait pour ça... Pourquoi voulait-elle qu'elle revienne, pourquoi elle se sentait aussi vide sans elle, et pourquoi tous ces pourquoi ?!

Et étrangement, encore allongée, Kayna porta ses mains légèrement tremblantes sur son visage et se mit à sangloter...


[POESIE]
Kayn avait ouvert les yeux et Poésie darda son regard tout aussi vert dans sur la blessée. Bon, ce n'était pas si grave, mais dommage que les yeux ne soit plus rouge. En plus, l'autre couleur lui donnait un air étrange qu'elle aimait bien. Elle s'apprêtait à avertir Nachew mais la jeune fille se mit à pleurer. Ah non, elle préférait l'autre, décidément. Elle s'adressa à Kayn en fronçant les sourcils et avec son habituel air un peu boudeur.

- T'as quoi toi ? C'fait pas si mal... C'juste une blessure ! Hé !

*Lui attrape le poignet.*

- Arrête, dis c'que t'as !

*Relève la tête vers Nachew.*

- Elle pleure toujours quand elle s'fait mal ?

Ses questions, elle ne les avait pas oublier mais pour le moment, elle avait juste plus urgent à traiter. Elle n'était pas habituée à voir des gens en larme, surtout pour une blessure. Ce n'était pas pour cette raison que Kayn pleurait mais la jeune sramette blanche n'avait aucun moyen de le savoir...


Dernière édition par Ifreann le Lun 11 Juil - 9:55, édité 3 fois
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MessageSujet: Chapitre 6   Mer 23 Fév - 12:20

CHAPITRE 6 :: « Poison Prince »


De nombreux mois sont passés depuis le petit choc de Kayna Ifreann. S'éloignant de tout, elle se rallie à Bonta et reprend une vie calme et normale. Un beau matin, elle est interpellée par les supérieurs Bontariens pour une mission qui va lui permettre de rencontrer quelqu'un : Shane, une Osamodas bien têtue. Vivant ensemble plusieurs semaines pour mener à bien la mission, les premiers jours seront difficiles à cause des nombreux désaccords des deux filles. Cependant, leur aventure, plus dangereuse qu'elles ne le pensaient, vont forger de forts liens d'amitié entre elles : elles fonderont ensemble la guilde Poison Prince. Dans la suite, il est question de la rencontre entre Kayn et Shane.


Kayn montait les marches en bois grinçantes quatre à quatre, pressée. Elle avait été appelée, tôt dans la matinée, par les hauts gradés de Bonta. Impatiente de savoir ce qu’ils leur voulaient, elle s’était rapidement préparée et s’était présentée au plus vite à la milice de la ville blanche, là où on lui avait dit de se rendre. Elle se sentait excitée à l’idée qu’une nouvelle chose vienne perturber son quotidien trop monotone, mais elle redoutait à la fois ce rendez-vous. Et si jamais ils lui annonçaient une mauvaise nouvelle… Une peur soudaine la saisit, mais, serrant les poings, elle continua de marcher jusqu’à la fin du couloir étrangement sombre, pour atteindre l’épaisse et grande porte en bois. La disciple de Feca inspira profondément, puis toqua trois fois. Le silence qui suivit son action la fit frissonner. Un homme, grand, fort et armé vint alors lui ouvrir, la regardant de la tête au pied, avant de l’inviter à rentrer.
La salle dans laquelle elle se trouvait était plutôt petite, sombre. Des torches accrochées aux murs noircis par les flammes donnaient une chaleur réconfortante. Il n’y avait aucune fenêtre, et Kayn associa alors ce lieu à la prison de Brâkmar dans laquelle elle avait malheureusement séjourné plus d’une fois… Des gardes entouraient un bureau, au fond de la salle, et derrière ce bureau se tenait un disciple de Iop, mains dans le dos, l’air paisible. Un commandant, certainement, à la vue de son uniforme, de son attitude, et de la simple place qu’il occupait dans la pièce.

« Vous avez fait bien vite Kayna Ifreann… »

Et ce fut la seule phrase qu’il prononça, laissant son interlocutrice étonnée et pleine de questions. Qu’attendait-on ? Quel était son rôle ici, en fin de compte ? Un sentiment d’impatience la saisit, mais par pur respect, elle ne laissa rien paraître de ce qu’elle ressentait, et plongea ses mains dans les poches de son short gris.
Elle fut bien vite retirée de ses réflexions lorsqu’on toqua à la porte. Cette dernière s’ouvrit alors brutalement, laissant entrer dans le bureau une personne essoufflée. Tout le monde s’était retourné pour regarder le nouveau venu qui, plié en deux et appuyant ses mains sur ses cuisses, reprenait son souffle. Alors, il leva les yeux et scruta l’endroit… Il ?!

« Vous êtes un peu en retard, Shane. »

Kayn posa un regard surpris sur ladite Shane, observant ses moindres détails de la tête au pied. Des cheveux châtain foncé courts et en bataille, des yeux bleu ciel, des grandes oreilles pointues, des longues mitaines noires, un débardeur de la même couleur, une grosse ceinture ornée d’une emprunte d’animal au centre, une jupe à carreaux noire et rouge, et des petites bottes… En passant par la queue de démon. Pas de doutes, il s’agissait ici d’une disciple d’Osamodas, certes, bien originale, mais s’en était quand même une. Lorsque la Fecatte rencontra pour la deuxième fois le regard de la retardataire, elle comprit qu’elle aussi l’avait toisée, et elle continuait à la fixer, la bouche entrouverte et haletante.

« Bon, si vous voulez bien… »

Kayn et Shane détournèrent leur regard vers le commandant Iop, qui tenait dans sa main un parchemin déroulé, auquel il jetait un regard. Il expliqua alors :

« Ce papier contient de nombreuses explications au sujet d’une mission qui nous a été demandé d’accomplir, il y a quelques jours. En tenant compte de vos projets et de vos points forts, je me suis dit que cette mission pouvait vous convenir. »

Il enroula alors très rapidement le parchemin qu’il tendit. Alors que Kayn, le touchant du bout de ses doigts, allait s’en emparer, il fut arraché par une main vive, celle de Shane, qui s’était redressée. Détail qui vexa encore plus la jeune Fecatte, l’Osamodette la fixait avec un air taquin… Mais Kayn était plus imposante qu’elle, qui, à coté, était plutôt frêle. Chacun son avantage : rira bien qui rira le dernier ! Elle se le jura et, résignée, elle regarda par-dessus l’épaule de Shane pour tenter de lire si ce n’était qu’un fragment de ce que contenait l’acte de mission. Alors, la voix claire et espiègle de l’invocatrice s’éleva, à l’attention du commandant :

« Et quels sont nos différents rôles dans cette mission ? »

Observant les deux jeunes femmes qui se toisaient, le commandant sembla hésiter un moment à prononcer sa phrase, et après avoir lâché un soupir, il expliqua :

« Vous avez le même. Vous travaillerez en binôme… Kayn saura défendre en cas de danger, et toi, Shane, tu sauras tromper les ennemis avec tes invocations. Tu sauras bien assez tôt quels ennemis. »

Les deux jeunes Bontariennes semblèrent figées à cet instant même. Ce n’était pas le fait de faire face à un ennemi dont elles ne connaissaient rien, mais surtout de travailler ensemble, leurs premières impressions l’une sur l’autre étant plutôt mauvaises. Pourtant, elles acquiescèrent, sans même demander à en savoir plus. La seule chose qu’elles voulaient toutes deux, c’était de se surpasser, pour prouver qui était la meilleure et qui aurait le droit à la meilleure récompense…

    # Quartier Nord de Bonta, à la tombée de la nuit.


On leur avait confié pour la durée de la mission les clés d’une maison appartenant aux supérieurs Bontariens, une maison inhabitée et qui comptait être revendue. Elle était plutôt spacieuse, assez pour que les deux rivales ne se trouvent pas dans la même pièce au même moment. Un silence de mort s’était installé entre elles depuis leur sortie du bureau du commandant, Shane serrant le parchemin entre sa main, et Kayn étreignant la corde tressée qui lui servait à porter son sac en bandoulière.
Lorsqu’elles rentrèrent dans la bâtisse, elles prirent leurs repères, visitant chacune de leur côté les différentes pièces, et une fois ceci fait, elles se posèrent chacune dans la chambre qu’elles avaient choisi. Au rez-de-chaussée, seule l’horloge et ses « tic-tac » recouvrait le silence. Shane, assise sur son lit, et appuyée contre son oreiller, avait sorti un épais bouquin et s’était attelée à sa lecture. Kayn, quant à elle, tournait en rond dans sa chambre, jetant de temps en temps des coups d’œil par la fenêtre, comme si elle attendait que quelque chose se passe dans la rue pour pouvoir trouver une occupation. Mais le soleil s’était déjà caché derrière l’horizon, et Bonta était quasi endormie. La jeune femme soupira, et s’assit sur son lit, la tête baissée et les mains posées sur les cuisses.
Devait-elle aller voir Shane pour prendre un nouveau départ, et pour mener une mission un peu plus conviviale ? Elle était partagée entre le fait de laisser l’Osamodette prendre elle-même cette initiative, ou d’y aller. Elle interrogea alors Ifreann, puisqu’elle était la seule, actuellement, à pouvoir la conseiller.

« Je fais quoi ? murmura Kayn en prenant sa tête entre ses mains, repliée sur elle-même.
- Bah rien, tu la laisses venir, c’est ELLE qui a commencé, t’as vu comment elle t’a regardé ? Elle te cherche, pour sûr ! répondit une voix dans sa tête.
- Et si elle ne vient pas ?
- Elle viendra, j’en suis presque sûre. T’manière, elle a b’soin de ton aide, alors si elle te parle, c’est aussi par la force des choses !
- Peut-être… »


Un rire étouffé derrière la porte de sa chambre lui fit relever la tête, et instinctivement, elle s’y précipita pour l’ouvrir violemment : à son grand désespoir, elle ne vit rien. Avant de refermer la porte derrière elle, Kayna jeta un coup d’œil aux alentours pour bien vérifier, mais toujours rien. Une fois que le claquement retentit, l’invocatrice se redressa, tapie contre les marches de l’escalier qui menaient au rez-de-chaussée, et observa l’endroit où se tenait Kayn quelques secondes auparavant avec un sourire amusé.

« … Et elle parle toute seule. Ca promet… »

Et elle partit se coucher, en pensant que demain serait un jour des plus remplis de surprises, un sourire aux lèvres…

    # Le lendemain matin, de très bonne heure.


Kayn, haletante, courait depuis des minutes. Peut-être même des heures. Elle ne pouvait plus continuer, et pourtant, elle repoussait ses limites, la bouche ouverte et le visage pâle. Pourtant, elle fut incapable d’en faire plus, et, s’arrêtant brutalement, elle inspira longuement et expira de la même manière, les yeux fermés. Son cœur battait la chamade, mais il ralentit un peu… Jusqu’à ce que le sol se mette à trembler, et qu’un bruit de pas rapides et puissants atteigne ses oreilles. Ils revenaient… Ils revenaient ! Kayn regarda au loin, tremblante et craintive… Et alors, d’indénombrables bestioles poilues et rapides foncèrent sur elle, prêtes à sauter dessus. Becs ouverts, les tofus vinrent la plaquer au sol et la picoter partout, et la jeune fecatte se débattait, criant, tentant d’émerger de cette vague jaune. Et alors, une ombre géante s’abattit sur le groupe, et tous les tofus, apeurés, se dispersèrent, et disparurent comme par magie. Cette ombre avait des cornes, et on aurait dit qu’elle allait écraser Kayn…

« Kayn ! Bordel Kayn réveille-toi… REVEILLE-TOI ! »

Shane, perchée au dessus de Kayn, et lui donnant quelques petites baffes pour la réveiller, continuait de l’appeler afin de la sortir de son sommeil. Alors, la jeune Fecatte entrouvrit un œil, encore dans un demi-sommeil.

« Heiiiin ?...
- Idiote ! On doit partir ! Arrête de roupiller ! »


Sans plus attendre, l’invocatrice la tira du lit, et Kayn s’écrasa lamentablement sur le sol, lasse. La face contre le parquet, et les bras le long de son corps, elle resta là, et au bout de quelques secondes, laissa échapper un long « aïe » censé exprimer sa douleur. Shane voulut l’achever de coups de pieds bien placés, mais elle ne laissa échapper qu’un long soupir d’exaspération et fut contrainte de l’aider à se relever.

Shane en bava, mais elle réussit tout de même à réveiller entièrement Kayn qui se rendit alors compte qu’elle passait pour une imbécile. Les deux jeunes femmes couraient dans tous les sens, préparant tout ce qu’il y avait à prendre pour leur excursion, et refaisaient toutes les pièces afin de vérifier qu’elles n’oubliaient rien d’important. Parfois, elles se croisaient, et, dans le feu de l’action, maladroites et pressées par le temps, ne faisaient pas attention et se cognaient dedans. Les altercations qui suivaient les retardaient alors encore plus. Elles s’étaient levées à 5 heures, et à 9 heures, elles étaient à peine prêtes.
Elles sortirent enfin dans la grande rue de Bonta à 9 heures et 15 minutes. Le Soleil éclairait déjà le quartier, et la matinée s’annonçait chaude. La jeune Osamodette, un grand sourire illuminant son visage, ouvrait la marche, sautillant avec grâce, légère, impatiente de commencer sa mission. Un tofu tournait autour d’elle et piaillait joyeusement, comme si il comprenait l’enthousiasme de sa maîtresse. Shane portait sur une épaule un petit sac dans lequel il y avait de la nourriture… Et derrière se traînait Kayn, trois gros sacs sur le dos comportant des armes, des potions, des provisions pour les montures et les familiers ainsi que d’autres objets qui pouvaient toujours servir. Elle ruminait dans son coin, insultait Shane en silence et avançait en trainant des pieds, vexée. Elle ne servait qu’à trimbaler tout ce dont madame l’invocatrice avait besoin.



Dernière édition par Ifreann le Ven 25 Fév - 13:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 7   Mer 23 Fév - 12:30

CHAPITRE 7 :: « Captive »


Lors d'un piège tendu par Solryss et ses compagnons, Kayn se fait enlever, Sramette étant trop distraite par la présence inattendue de Solryss pour s'en rendre compte. Ifreann, âme capable de voyager à travers les corps, trouve une faille dans celui de Sramette et parvient à l'habiter, et parfois à prendre son contrôle. Kayn, trop épuisée, se réveille au bout de plusieurs jours...


« Psssht, elle se réveille ! »

Six personnes s’étaient rassemblées autour de la jeune femme, qui émergeait à peine de son lourd sommeil. Ils la regardaient tous telle une bête très rare, mais avec un peu de méfiance cependant. La fille aux yeux verts ne voyait, quant à elle, que des silhouettes, de nombreuses silhouettes qui se confondaient, devant elle. Elle voulut s’essuyer les yeux afin d’y voir plus clair, mais quelque chose de lourd et de solide la retenait : détournant lentement la tête, elle s’aperçut, tout d’abord sans aucune réaction, qu’on l’avait enchaînée, reliée à un mur, par les deux bras. C’est alors que, réalisant sa situation, elle écarquilla les yeux et se mit à se débattre : en vain, elle était trop faible contre ces bouts de ferraille, et surtout, elle était seule… Contre eux tous.

Kayn tirait d’un côté, puis d’un autre, essayant de se dégager des massifs bracelets qui l’empêchaient de se mettre debout, tout en observant, devant elle, la petite troupe s’agiter, rire, puis d’un seul coup, se taire. Elle-même se calma tellement le silence fut pesant. De là où elle était, elle ne voyait pas grand-chose, cependant, il lui semblait que les personnes s’écartaient au fur et à mesure : seuls des pieds chaussés de grandes bottes approchaient. Lorsqu’ils furent arrivés face à elle, Kayn leva les yeux vers la femme qui était postée là. Elle l’avait déjà vu quelque part, elle en était sûre…

« Eh bien, où est passé ton œil rouge, Kayna ? »

Et la femme se mit à rire, suivie de ses compagnons derrière elle.

« Où est-ce que je suis ?! Et où est Ifreann ? Sramette ?! Qui êtes-vous ?!
- Woow, wooow, du calme, ma belle
(elle s’accroupit afin d’être à sa hauteur, et posa un doigt sous son menton pour lui relever). Il ne t’arrivera presque rien ici…
- Ca ne répond pas à mes questions ! »
cracha Kayna, reculant sa tête pour ne pas avoir de contact avec son interlocutrice.

Cette dernière lui décrocha un sourire amusé, mais quelque chose dans ses yeux bleus foncés reflétait une douceur qui força la prisonnière à se tenir tranquille. Oui, elle était sûre, elle l’avait déjà vu quelque part… Sa carrure plutôt impressionnante pour une femme, ces vêtements de soldat originaux, le brassard violet à Lune noire… Et subitement, cela lui revint : c’était elle, c’était Kihn, qui s’était un jour attaquée à Blue ! Le calme qui habitait Kayn la quitta alors, et elle donna un violent coup de bras en avant ; l’ayant vu venir, l’espionne de Solryss se pencha sur le côté pour l'éviter, et la jeune femme aux yeux verts gémit sous la douleur, tirée par les chaînes. Kihn attrapa subitement l’avant-bras de cette dernière et la força à approcher au maximum ; elle approcha son visage de son oreille, et lui murmura :

« Si tu te tiens tranquille, il ne t’arrivera rien. Tu nous sers à rien ici, ou presque, alors on peut rapidement se débarrasser d’toi. »

Kayna, vaincue, laissa retomber son dos contre le mur, puis sa tête, les larmes aux yeux : sa vie de captive allait être très difficile, et elle espérait que cela ne durerait pas trop…

***

Elle se réveilla brutalement : elle avait complètement perdu la notion du temps, et les minutes lui paraissaient affreusement longues… La petite pièce où elle était retenue prisonnière était, tout d’abord… Et bien, petite, peu lumineuse – elle était seulement éclairée par une torche accrochée sur l’un des murs – et poussiéreuse. Cela ressemblait à une réserve qui avait été délaissée, à la vue des nombreuses toiles d’araknes accrochées au plafond et dans les coins de la pièce et au bazar qui y trainait : copeaux de bois, planches et verrerie cassées, tissus usés… Kayn frémit : elle ne se sentait pas en sécurité, et surtout, à force de rester dans la même position, elle souffrait. Mais ce qui la tourmentait le plus était surtout ce qui s’était passé pour qu’elle atterrisse ici. Elle se souvenait d’être allée à Gisgoul, tard la nuit, de Sramette qui l’avait suivie, puis de son passage au Zaap, jusqu’à son arrivée devant le quartier général des Roublards… Et puis, plus rien. Elle regarda à nouveau autour d’elle : c’était insupportable de ne rien pouvoir faire. Mais elle ne trouva rien pour s’occuper. Tout à coup, elle entendit des bruits de pas juste devant la porte ; elle s’ouvrit : dans l’encadrement apparut une fidèle de Sacrieur : elle-aussi portait le brassard violet à Lune noire, mais elle semblait loin d’être méchante. Elle portait dans ses mains une assiette et des couverts, ainsi qu’un morceau de pain, qu’elle déposa devant Kayn. Cette dernière, surprise, haussa les sourcils, interrogeant la nouvelle venue du regard, mais celle-ci se contenta de lui sourire tristement avant de faire demi-tour.

« Euh… Je pourrais te poser une question ? lança alors Kayn, d’une voix à la fois pleine d’espoir et étonnée.
- Si c’est à propos de notre mission, je ne te dirais rien, déclara la Sacrieuse sans se retourner.
- Non, c’est… C’est un peu plus embarrassant que ça, en fait… »
Elle se retourna, l’air surpris.
« Il… Il faudrait que j’aille aux toilettes, … » bafouilla la jeune femme en se mordant la lèvre, honteuse de devoir demander la permission.
La promise à Sacrieur, quant à elle, lui demanda de lui permettre deux petites secondes ; et elle revint, quelques minutes plus tard, avec un autre compagnon, un Ecaflip. Il tenait une clé dans sa main, et Kayn comprit tout de suite qu’elle permettrait de la détacher. L’idée de se dégourdir un peu les jambes la rendit presque joyeuse, malgré son statue de captive, et lorsqu’elle fut libre de ses mouvements, elle se releva d’un bond : les deux personnes se précipitèrent vers elle, pensant qu’elle voulut fuir, mais se rendirent compte qu’elle ne faisait que s’étendre. L’un ouvrit la marche, l’autre la fermait ; ils avaient constamment un œil sur la jeune femme. Le lieu où ils se trouvaient ressemblait beaucoup à sa maison, à quelques différences près : en effet, elle était déjà bien plus grande, mais beaucoup moins neuve. Elle savait au moins qu’elle se trouvait à Bonta…

« Des Brâkmariens à Bonta ?... Je ne comprends plus… » pensa Kayn en regardant autour d’elle, remarquant alors d’autres personnes portant le fameux brassard : des espions de l’Elite avaient apparemment élu domicile dans cette maison, et, plus étonnant encore, elle vit, sur le dos d’un des espions les ailes blanches, symbole de son appartenance à Bonta. Ce n’était pas bon signe, cela voulait dire que l’Elite s’était agrandie… On la mena dans une petite pièce, les toilettes. Ses deux gardiens se postèrent à l’entrée, et, tout en s’enfermant, Kayn les entendit parler. Comme ils le faisaient à voix basse, elle colla sans faire de bruit son oreille à la porte, espérant en apprendre un peu plus sur ce qu’il se passait.

« J’ai entendu rire Uwel tout à l’heure, à propos d’un truc que tu avais raconté… Il paraît qu’tu t’en es bien sortie hier, avec Sramette, déclara doucement l’Ecaflip.
- Tu n’imagines même pas, c’était hilarant… Me faire passer pour un écrivain de romans à l’eau de rose démoniaque célèbre… Non, franchement, j’ai du aller au-delà des limites de mon imagination hier, fit la Sacrieuse tout en riant.
- Héhé… Et comment s’en sort Ifreann ?
Le cœur de Kayn fit un bond à l’entente de ce nom ; elle sentit une boule se former dans la gorge.
- Plutôt bien, il faut croire… Elle la rend folle…
- Kihn a du être extrêmement contente d’apprendre ça… Sa rivale perd les pédales !...
- Chuuut, moins fort, la petite va nous entendre… »

La concernée se recula subitement. « Sa… Rivale ?... »
- Qu’en est-il du bijou ?... Nous n’avons pas reçu d’ordre encore, et Solryss n’est toujours pas là…
- J’imagine qu’il n’a pas changé de place. Le temps qu’Ifreann se mette au boulot, nous ne pouvons rien faire, mis à part attirer Sramette ici… »

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MessageSujet: Chapitre 8   Jeu 8 Mar - 12:58

CHAPITRE 8 :: « Affaire de Famille »


Il était tard… Ou peut-être tôt. Très tôt le matin. Brâkmar, déjà calme en journée, était plongée dans le silence et dans le noir le plus total. Il fallait dire qu’à cette heure-ci de la nuit, seuls les plus braves osaient encore s’aventurer dehors, et encore… A moins d’être saoul ou en groupe, il n’y avait aucune raison qui poussait qui que ce soit à errer dans les rues de la cité rouge. La plupart des habitants étaient donc en sécurité chez eux, bien au chaud dans leur lit, avec, pour les plus chanceux, une petite famille qui faisait leur bonheur.

C’était le cas de notre protagoniste, dont la maison se situait au Nord du quartier des Eleveurs. Une petite fille adorable, une fiancée dévouée, et…

Ifreann ne trouvait pas le sommeil, les yeux grands ouverts, regardant vaguement le plafond. Elle tentait tant bien que mal de mettre de l’ordre dans ses pensées, rongée par une certaine appréhension : ce qu’elle s’apprêtait à faire cette nuit pouvait mal tourner et nuire à la situation de sa famille, elle en était consciente ; cependant, elle n’avait pas le choix. Tôt ou tard, il aurait bien fallu qu’elle l’annonce et elle préférait autant, quitte à faire, prendre de l’avance pour assurer la suite des événements. La jeune femme fut brutalement retirée de ses pensées, tressaillant de surprise lorsque quelque chose se posa sur elle. Elle tourna alors la tête : ce n’était que Sramette qui bougeait dans son sommeil, et qui était inconsciemment venue se réfugier contre elle. Ifreann esquissa un faible sourire qu’elle perdit quelques secondes après.

« Allez, courage… » pensa-t-elle faiblement en gardant un œil sur l’ancienne disciple de Sram, chassant sa peur et rassemblant ses efforts pour se lever sans bruit.

Elle dégagea dans des gestes lents et silencieux ses jambes des draps, les balança en dehors du lit. Ses pieds rencontrèrent alors le vieux plancher et elle se leva avec délicatesse, espérant ne pas réveiller sa compagne qui avait le sommeil léger. Elle se dirigea à pas de loup vers une pile de vêtements qu’elle avait préparée la veille, puis sortit de la chambre en refermant doucement la porte derrière elle. Une sueur froide glaça son dos lorsque cette dernière grinça légèrement. Ifreann se figea, plissa les yeux et serra les dents, tendant l’oreille pour capter un quelconque bruit de l’autre côté… Mais rien à signaler. Sramette ne s’était pas réveillée. Elle poussa un léger soupir de soulagement et continua son chemin jusqu’à la pièce en construction qui faisait office de salle de bain temporaire pour se préparer.

Elle abandonna sa chemise de nuit au sol, s’appuya sur le lavabo pour observer son reflet dans la glace : elle découvrit alors une femme à l’air épuisé, les cernes sous ses yeux violets rougis en témoignant. Si la situation avait été moins dramatique, elle aurait sûrement ri d’elle-même, cependant elle n’avait pas cœur à ça. Elle inspira profondément, se redressa et se mit de profil au miroir. Son regard se dirigea vers le reflet de son ventre qui commençait à prendre forme. Comment allait-elle bien pouvoir expliquer ça à la Milice de Brâkmar ?... A la vue de sa situation familiale, c’était quelque chose d’improbable, à moins de…

Un nouveau frisson parcourut l’échine d’Ifreann qui mit un violent coup de frein à ses pensées. Elle devait agir maintenant. Elle devait affronter. Sa réputation envers Brâkmar allait déjà en prendre un coup, ce n’était pas pour aussi se dégonfler. Elle devait au moins faire face, garder son sang-froid quoi qu’il arrive, car à Brâkmar, tout était imprévisible… Ifreann enfila donc ses vêtements, notant que ceux-ci commençaient légèrement à la serrer, finit sa toilette puis releva la tête pour observer le résultat dans le miroir : à part qu’elle était maintenant propre et coiffée, sa mine ne s’était pas arrangée. Elle grimaça, haussa légèrement des épaules et sortit de la salle de bain : maintenant, elle ne pouvait plus reculer. Direction la Milice.

***

Les grandes portes rouillées de la bâtisse, près du zaap de Brâkmar, s’étaient ouvertes en résonnant, alertant les gardes en faction dans les différents étages. Ceux du rez-de-chaussée s’étaient retournés vers l’entrée, méfiants ; mais en voyant entrer cette grande femme à l’allure déterminée, vêtue de son uniforme de Lieutenant, ils baissèrent leurs armes. L’un d’eux s’autorisa même un sourire, sourire qui fut vite réprimandé par un regard noir de la receveuse.

« Où est l’Général Darek ?
- Dans la salle en haut, près des geôles
» lui répondit un garde en désignant le plafond de sa lance.

Ifreann le remercia d’un bref signe de tête et commença à gravir les marches. Elle avait beau paraître imposante, au fond d’elle la peur ne faisait que grandir. Chaque marche la rapprochait de sa chute dans la hiérarchie de l’armée brâkmarienne… Ou bien pire encore, et c’était ce qu’elle craignait vraiment. Elle qui avait pourtant prouvé bien des fois sa valeur envers sa cité… Elle qui avait, au fil du temps, gagné une renommée au sein de cette armée majoritairement masculine… Ca en avait d’ailleurs choqué plus d’un qu’elle ait été promue au grade de Lieutenant ; une femme haut placé dans les rangs de Brâkmar, quelle étrangeté ! C’était pour cette raison qu’on lui avait coupé les cheveux : pour qu’elle paraisse plus masculine. Pour ne pas avoir honte… Ou moins avoir honte, en tout cas.

Arrivée devant la fameuse porte, Ifreann resta un instant sans rien faire. Elle jeta un coup d’œil autour d’elle, s’assurant que personne ne l’espionnait, se laissa aller à quelques songeries : comment allait-elle annoncer cela ? Il fallait que ça soit subtile… Déjà qu’elle n’acceptait pas tout à fait sa nouvelle situation, ce n’était pas pour la déclarer haut et fort. Et si ça finissait par tourner dans tout Brâkmar ?... Non, elle devait arrêter de penser. La jeune femme gonfla à bloc ses poumons avant de toquer, reprenant son apparence résolue. On lui ouvrit quelques secondes après : un homme qui semblait quelque peu perdu ; plus simplement, un nouveau. Ifreann l’avait vu au premier coup d’œil. Elle passa, tête levée et démarche droite, essayant de garder jusqu’au bout sa fierté. Certaines têtes qu’elle connaissait s’étonnèrent de la trouver ici à une heure si tardive de la nuit. L’un d’eux, un homme d’allure forte et enjoué de nature, se mit à rire, approchant de son alliée.

« Eh bien Tana, tu t’es perdue en route ? »

Tana, c'était ainsi qu’on l’appelait ici ; par son nom de famille. Lieutenant Tana, pour ceux qui étaient encore inférieurs à elle dans la hiérarchie. Elle esquissa un sourire en coin tandis qu’elle tendait la main, sachant pertinemment que cette dernière finirait broyée, comme à chaque fois qu’elle disait bonjour à cet homme, lui-aussi Lieutenant, mais d’une autre section. D’autres la rejoignirent, la saluèrent… Et vint le moment craint :

« Qu’est-ce que tu fais ici, alors ? »

Ifreann déglutit, les regarda tour à tour. Alors qu’elle ouvrait la bouche pour répondre, quelqu’un d’autre rentra dans la salle, et le silence balaya vite les murmures. Mécaniquement, ils s’alignèrent tous, levant la main à leur front : le fameux général Darek venait de faire son entrée. C’était un disciple de Iop obscur, à l’image de sa cité. Un homme qui parlait peu, mais pensait beaucoup ; ce n’était pas pour rien qu’il avait été promu général : oui, car c’était un Iop qui débordait d’intelligence et d’ingéniosité. Il passa devant ses recrues, fit un allé, puis au retour, s’étonna enfin de la présence d’Ifreann :

« Lieutenant Tana. Ce ne sont pas vos heures de travail, que faites-vous ici ?
- J’ai… J’ai à vous parler, Général.
»

Il était rare de voir la jeune femme si soumise, elle qui pourtant possédait un caractère bien trempé. Il fallait dire que dans le cas actuel, il était plus judicieux pour elle de se tenir à carreaux.

« Eh bien parlez, Lieutenant.
- Si possible… En privé… Général.
»

Les autres personnes présentes se regardèrent, des murmures se firent entendre. Murmures qui cessèrent vite lorsque la main du général se leva. Il finit par désigner la sortie à ses hommes qui s’exécutèrent silencieusement et sur le champ. Il ne permit qu’à l’apprenti près de la porte de rester, pour des raisons de sécurité. Darek, après que la porte ait été correctement fermée, se dirigea vers son bureau devant lequel il s’assit, se servant déjà une tasse de café.

« Je vous écoute.
- Et bien… Il s’avère que…
»
Ifreann marqua une pause. Elle avait du mal à trouver ses mots, visiblement confuse. Le général leva les yeux sur elle, l’incitant à continuer.
- … Hum… J’serais dans l’incapacité d’remplir mon rôle pendant quelques mois… Si c’n’est une bonne année. »

Darek prit un air surpris, reposant sa tasse de café sur son bureau où s’entassaient des piles de documents. Cela faisait déjà plusieurs mois que la jeune femme avait prêté allégeance à l’armée brâkmarienne, et depuis elle avait toujours répondu aux attentes de celle-ci : quelle mystérieuse raison pouvait-elle donc la pousser à cesser ses activités ? De plus, l’armée manquait d’effectif depuis quelques années déjà, et il allait être difficile de trouver un remplaçant aussi compétant qu’elle... La jeune Lieutenant savait très bien qu’il fallait maintenant qu’elle en passe aux faits. Elle ne pouvait pas s’éclipser de cette façon, sans plus de raisons valables.

« Je… Voilà, ma famille va accueillir un nouveau membre. »

Nouvel étonnement de la part du mentor d’Ifreann. Etonnement qui se transforma en un rire crispé.

« Pardon ? Mais que je sache, il y a votre compagne qui…
- C’est moi qui porte l’enfant, Général.
»

Un silence glacial balaya la petite salle sombre. La jeune femme était visiblement gênée d’apprendre cette nouvelle, et elle s’écrasa davantage lorsque le Général eut un rictus mauvais qui ne présageait rien de bon. A travers ses dents, il siffla en fronçant des sourcils :

« Comment diable est-ce arrivé ?!...
- C’tait un accident, Général… Je… J’n’ai pas voulu ça, j’vous assure… J’n’étais pas conse…
- SILENCE !
hurla Darek en frappant sur son bureau, faisant sursauter Ifreann, mais aussi le petit nouveau posté à l’entrée. De l’autre côté de la porte, on fit silence. Il n’était pas normal que le Général hurle de cette manière, surtout sur la Lieutenant. Depuis quand ?!
- … D’puis… D’puis presque deux mois, Général… »

Ifreann se pinça les lèvres et pour la première fois, baissa la tête ; elle avait le pressentiment que tout ça allait mal tourner. Le Général, quant à lui, passa sa main dans ses cheveux, semblait réfléchir, une main encore posée sur le bureau. Il finit alors par se redresser, détourna ce dernier pour s’avancer face à la Lieutenant. Par respect, elle n’eut pas d’autre choix que de lever les yeux sur lui, et frissonna lorsqu’elle croisa son regard obscur, dans lequel une certaine colère était visible : pas besoin d’être clairvoyant pour comprendre que pour lui, il s’agissait d’une trahison. Darek, d’un geste inattendu, arracha l’insigne qu’Ifreann portait sur sa veste ; celle-ci écarquilla les yeux sous la surprise. Cette simple action… Venait de la dégrader. Le Général souffla par le nez, hocha légèrement de la tête pour lui faire comprendre que l’entretien touchait à sa fin. Alors, la jeune femme s’exécuta, le cœur étreint, mais la peur envolée. Que pouvait-il lui arriver de pire ?...

« Tana, vous avez encore de la chance que je ne vous reprenne pas vos médailles. J’aurais du les écouter… Je savais bien que c’était une très mauvaise idée que d’accepter une femme dans mes rangs. Pourquoi vous ai-je fait confiance… Retournez donc à votre… Ménage.
Ifreann prit sur elle-même, ferma les yeux comme pour les encaisser.
- Général… J’voudrais… Qu’vous m’accordiez une dernière faveur. J’voudrais qu’vous taisiez cette affaire.
- Bien entendu. Ce serait une honte pour nos rangs, de toute façon.
»

Le garde de la porte finit par lui accorder un regard presque compatissant en lui ouvrant la porte. Elle lui rendit son regard, les larmes aux yeux ; autant dire que son ego en avait pris un coup, elle qui avait pourtant redoublé d’efforts pour sa cité. Elle sortit alors, les poings fermés, sous le regard des autres Lieutenants étonnés qui la regardèrent s’éloigner sans comprendre.
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